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Alimentation pour mieux Etre

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Assimiliation et compléments alimentaires Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par France Guillain   
« Moi, je n’assimile rien » déclare cette dame toute menue. « Moi, je ne fixe pas le fer ! » me dit une autre aux formes généreuses. Et « moi, je ne fixe ni le calcium, ni le magnésium » dit la dernière. Toutes les trois prennent depuis des mois ou des années des supplémentations, en vain pour ce que nous pouvons constater.

Ce fut d’ailleurs mon cas durant quelques petites années où je fus étiquetée spasmophile, avec tous les symptômes de cette spécialité et les compléments en magnésium et calcium requis ! Jusqu’au jour où j’ai décidé de rééquilibrer mon alimentation et de me concentrer mieux sur la mastication. Ce qui fit dire au médecin de la Sécurité Sociale chargé de la coordination d’une journée de contrôles de santé : « Madame, si tout le monde mangeait comme vous, il n’y aurait plus de spasmophiles ! ».

Voilà ce qui me conduisit à conseiller à la dame qui ne fixait pas le fer de manger trois fois par semaine une portion de boudin noir bio aux pommes fraîchement préparées (elle adorait le boudin mais n’en consommait pas !) et à celle qui ne fixait pas le calcium de se faire de la coquille d’œuf bio frais dissoute dans du jus de citron . Avec ces recettes de bonne fâme, l’une comme l’autre n’ont plus de carences. Je ne prétends pas que cela fonctionne aussi bien sur tout le monde ! Pourtant, il y a bien des situations où la réponse alimentaire savoureuse, délicieuse est la mieux adaptée. Chacun de nous a sa manière de fixer ou non les nutriments.

Nous connaissons tous des personnes qui ont mangé bio toute leur vie, qui n’ont jamais fumé, ni bu d’alcool et qui meurent malgré tout d’un cancer à soixante ans ! A l’inverse, Jeanne Calment fumait, buvait son « petit coup » et a enterré deux générations d’acheteurs de sa maison vendue en viager ! Les détracteurs de l’alimentation saine ne se privent pas de nous le faire remarquer !

Comme en mathématiques, nous pouvons dire que s’alimenter sainement est une condition nécessaire pour ne pas être malade, mais pas suffisante. Il faut aussi fixer les nutriments, les assimiler. La qualité des aliments n’est qu’une des conditions - très importante certes - de notre bonne santé, mais elle ne se suffit pas. S’il est indéniable qu’une bonne alimentation diminue amplement les risques de maladie, il est très clair aussi que le bon fonctionnement de notre corps dépend de notre manière de préparer et ingérer ces aliments, de la qualité de l’air que nous respirons, de la qualité de l’eau que nous buvons, de la présence autour de nous d’épandages de pesticides, de nuisances électriques ou sonores, mais aussi de la qualité de nos conditions de travail, des accidents de la vie. Ceci pour la mécanique pure du corps. Soit 50 % de notre fonctionnement.

Nous devons donc y ajouter les 50 % de la part psychologique, notre vie affective ou amoureuse, nos relations humaines au travail, notre capacité au bonheur ou au malheur : il y a ceux qui se lamentent devant la bouteille à moitié vide et ceux qui se réjouissent de l’estimer à moitié pleine ! Les dernières trouvailles des neurosciences que nous rapporte le Dr Boris Cyrulnik avec De Chair et d’Ame (1), ainsi que les travaux du Dr Jean-Marie Bourre (2) depuis plus de quinze ans sur l’alimentation du cerveau, nous permettent de croire que selon la qualité de notre alimentation, nous pouvons souvent aider notre cerveau à considérer la fameuse bouteille comme étant plutôt moitié pleine que vide !

En effet, Boris Cyrulnik nous explique l’importance du transport et de la quantité de sérotonine que nous produisons. Il distingue les petits porteurs de sérotonine qui s’efforcent de s’organiser une vie aussi sécurisante que possible afin d’éviter les grands stress auxquels ils ne pourraient faire face. A leurs yeux, la bouteille est souvent à moitié vide. Cela ne signifie pas une petite vie mais une très bonne organisation. Par ailleurs, il nous montre les gros porteurs de sérotonine comme étant capables de survivre à de très grands stress, mais éprouvant aussi le besoin d’une vie à risques, car en utilisant leur sérotonine abondante ils se sentent mieux vivre. Pour eux, la bouteille est à moitié pleine !

Or, selon les études de Michael Gershon : « 95% de la sérotonine est fournie par l’estomac. Et cette molécule responsable des états d’âme, sur laquelle agissent les antidépresseurs du type Prozac est loin d’être le seul neuromessager produit et utilisé par l’appareil digestif. »

En rapprochant ce fait des études du Dr J-M Bourre sur l’alimentation du cerveau, qui, depuis plus de quinze ans, écrit qu’il y a une relation directe entre la manière de nous alimenter et notre psychisme, on ne peut écarter le fait qu’une alimentation de qualité accompagnée d’une bonne assimilation permet de produire plus de sérotonine. Voilà pourquoi un grand nombre de personnes qui se mettent à s’alimenter avec intelligence deviennent plus joyeuses, plus dynamiques !

On voit que si nos émotions agissent sur notre corps, le fait d’agir sur le corps (par l’alimentation, mais aussi le sport, la danse, les massages, etc.) a un impact sur l’esprit.


 

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